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Diverses peuplades se sont succédées en Guinée pendant près de trente mille ans. Au Xe siècle apr. J.-C., les Soussous et les Malinkés commencèrent à s'implanter dans la région, repoussant les premiers habitants dans des zones reculées. La Haute-Guinée fit partie de l'empire du Ghana aux Xe et XIe siècles, puis de l'empire du Mali jusqu'au XIVe siècle et enfin de l'Empire Songhai jusqu'au XIXe siècle. Les Peuls s'installèrent en Guinée vers le XVIe siècle et islamisèrent la région. Ils repoussèrent les Soussous sur le littoral où ces derniers établirent des contacts commerciaux avec les Européens, qui convoitaient les esclaves et les épices (notamment la "malaguette", ou poivre de Guinée) et l'huile de palme. La colonisation française commença en 1838 et la Guinée fut constituée, vers 1850, en un protectorat des "Rivières du Sud", rattaché au Sénégal. Elle fut instaurée colonie de la Guinée française en 1893 et englobée, deux ans plus tard, dans le gouvernement général de l'Afrique-Occidentale française. La colonisation s'était heurtée à une très forte résistance, en particulier chez les Peuls du Fouta-Djalon, les Coniaguis et les Guerzés. Sous l'autorité française se développa une élite citadine commerçante qui adopta culture et langue françaises. Cependant, on n'assista pas à l'émergence d'une classe de petits planteurs et la mise en valeur des richesses du pays (hévéa puis café, cacao, bananes et agrumes) fut surtout le fait des colons européens. Après la seconde Guerre mondiale, plusieurs partis politiques se constituèrent sur les bases d'une petite classe ouvrière syndicalisée et très politisée; son leader, Ahmed Sékou Touré, fonda en 1952 le Parti démocratique de Guinée (PDG), qui allait devenir la première force politique du pays. En 1958, le PDG lança une campagne d'opposition au projet d'intégration dans la Communauté française, proposée par le nouveau président français, Charles de Gaulle. La Guinée fut la seule colonie française à voter "non" à ce projet lors du référendum de septembre 1958 et à demander son indépendance immédiate. C'est ainsi qu'à la différence des autres États africains colonisés par la France, le pays se vit supprimer toute subvention de la métropole. Isolée également des autres nations occidentales, la Guinée, proclamée dès octobre 1958 "république démocratique, laïque et sociale", se tourna progressivement vers l'URSS et la Chine et s'engagea dans une gestion socialiste de l'économie. Sékou Touré, à l'origine très populaire, mit en place un régime dictatorial à parti unique. Il déjoua plusieurs tentatives de coups d'État, qui furent suivies de répressions impitoyables où furent éliminés ses rivaux comme ses anciens compagnons de lutte. À la mort de Sékou Touré en 1984, un putsch porta au pouvoir le colonel Lansana Conté et un Comité militaire de redressement national fut instauré. En 1990 fut créé un comité de surveillance destiné à superviser la transition de la Guinée vers le multipartisme. Un projet de constitution démocratique fut élaboré puis accepté en 1991. L'amnistie fut décrétée pour les délits politiques et le multipartisme adopté. En décembre 1993 eut lieu la première élection présidentielle pluraliste. Elle fut remportée de justesse par Lansana Conté dans un climat social très tendu. POPULATION On estime la population de la Guinée à 6,7 millions d'habitants (1995), avec un taux de croissance annuelle de 3 pour cent (1990-1995). Plus d'un million d'habitants vivent dans la capitale, Conakry. Les capitales régionales, Labé, Kankan et Nzérékoré, ont chacune 250 000 habitants. Près de 29,6 pour cent de la population réside en zone rurale. Les Peuls, qui occupent le Fouta-Djalon, représentent environ 35 pour cent de la population, les Malinkés en Haute-Guinée 30 pour cent et les Soussous, sur la plaine côtière, 20 pour cent. Une multiplicité d'ethnies plus réduites peuplent le pays, certaines étant parfois regroupées dans un seul village. LANGUES Le français est la langue officielle de la Guinée, mais il n'est guère parlé en zone rurale. Les dialectes africains varient en fonction des régions. Le dialecte soussou est parlé sur la côte, le peul est la langue du Fouta-Djalon, on pratique le malinké en Haute-Guinée, et, dans la forêt, se mêlent plusieurs dialectes dont le guerzé, le kissi et le toma. À l'exception de quelques citations religieuses, l'arabe n'est employé que par les adeptes du Qur' an Coran). RELIGIONS Près de 85 pour cent de la population est musulmane. La majorité des non-musulmans est chrétienne. L'animisme est toujours pratiqué par certaines communautés rurales et parmi une minorité musulmane et chrétienne. Les animistes de l'intérieur restent méfiants à l'égard des personnes qui détruisent ou violent les forêts sacrées de quelque façon que ce soit. Les musulmans de Guinée suivent les pratiques traditionnelles de l'islam, prient cinq fois par jour, font dépendre toute chose d'Allah (Dieu) et font l'aumône aux pauvres. Ils reconnaissent dans le Qur'an les Écritures révélées à Mahomet, le dernier prophète admis par l'islam. MENTALITÉS Les Guinéens s'identifient fortement à leur famille et à leur ethnie et ont tendance à ne réserver qu'à ces deux groupes leur aide et leur confiance; dans certaines régions, il existe des tensions entre ethnies et sectes religieuses. En majorité musulmans, les Guinéens ont une attitude relativement fataliste face à l'existence. Peines ou déceptions sont acceptées car c'est la volonté d'Allah; bien vivre le temps présent est souvent plus important que penser à l'avenir. Les Guinéens attachent beaucoup plus de valeur aux relations personnelles qu'aux biens matériels ou à l'appartenance à un système; ainsi, on ne demande pas à quelqu'un qui arrive avec plusieurs heures de retard à un rendez-vous des excuses particulières. HABILLEMENT Les Guinéens prennent grand soin de leur apparence vestimentaire; ils portent aussi bien des tenues européennes que les habits traditionnels des musulmans ou de l' Afrique de l'Ouest. Au travail, les hommes sont vêtus d'une veste à manches courtes et d'un pantalon assorti ou d'une chemise à l'européenne, avec cravate et pantalon. Il arrive que les musulmans enfilent de longues tuniques appelées boubous par-dessus une chemise et un pantalon ample. Les femmes portent souvent des corsages de couleurs vives, taillés sur place, ou encore des petits boubous, robes de style musulman sur un pagne (longue bande de tissu enveloppé à la taille)assorti. Certaines portent des robes de style européen. |
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